💚 // CHRONIQUE 5 ET COUP DE CŒUR D’UNE TRAILEUSE PASSIONNÉE🏃‍♀️🏃‍♀️

Chronique n°5
Les questions de trop

Une saison 2023 de rêve, ça tu l’avais bien compris et me voilà aux pieds d’une nouvelle saison. Il y a maintenant un tout petit peu plus d’un mois que j’ai repris le chemin de l’entraînement. La blessure m’a fait couper la course un petit moment et m’a permis de remettre mon entraînement en question. Après quelques passages chez les docs et des moments en salle d’attente, c’est avec de nombreuses questions que j’avance vers la nouvelle saison. J’ai dû apprendre à faire autre chose que courir, je vais nager, je vais rouler, j’apprends à me forcer à faire du renforcement et des étirements, je remercie les spécialistes qui m’entourent de prendre du temps pour moi. En fait c’est un nouveau fonctionnement auquel j’ai simplement dû m’adapter.

Qu’est-ce que je te dis ? Simplement ? N’y crois pas à ça.
Avant de m’adapter, j’ai dû accepter. Avant d’accepter, j’ai dû comprendre. Avant de comprendre, je me suis détestée. Avant de me détester, j’en ai voulu à la Terre entière et j’ai été triste.
En l’écrivant et en le vivant, je me dis et je me suis dit des milliers de fois que je suis vraiment ridicule d’en faire tout un drame. Une blessure qui t’empêche de courir, il y a tellement plus grave dans la vie. Avant tu ne courrais pas, tu allais très bien, courir n’est pas une fin en soi. Je me disais, arrête d’être aussi bête ce n’est pas ton métier, tu n’es pas atteinte d’une maladie incurable, personne ne va mourir. Et j’avais beau me dire ça, rien à faire, ça ne changeait rien. Ce n’est plus un secret, aujourd’hui tu le sais que je suis bornée. Alors d’abord, j’avais mal, j’ai un peu serré les dents et j’ai continué. Je n’ai bien entendu rien dit à personne. Puis le jour où après quelques mètres de course j’ai pleuré de douleurs, je me suis dit qu’il était l’heure de s’arrêter et d’appeler son médecin. Pourquoi prendre le problème à temps quand on peut attendre le dernier moment, c’est tellement plus drôle comme ça. J’ai eu droit au « il faut faire une pause, voici une ordonnance pour une écho et des anti-inflammatoire ». Les anti- inflammatoires sont toujours encore dans l’armoire, en revanche j’avais vraiment mal alors j’y suis allée à l’écho. On soupçonnait une tendinite mais à l’écho on ne voit rien. On me dit que si j’ai réellement mal, et j’avais mal même en marchant, il faut que j’aille faire une irm. Je reste positive en me disant que l’irm ne montrera peut-être rien, que c’est peut-être juste la fin d’une grosse tendinite et que dans 1 semaine je peux repartir. Je sors de l’irm, dans ma voiture je regarde les résultats, autant dire que je ne comprends pas le chinois alors en même temps que j’envoie le compte rendu à ma kiné, je fais des recherches sur internet. Je te laisse imaginer que d’après internet, je ne pourrais plus jamais courir, en même temps ma kiné me répond de ne pas regarder sur internet. Trop tard… Syndrome fémoropatellaire de stade 2. En gros, j’ai une dégénérescence du cartilage du genou, un style d’arthrose.
J’ai 2 choix, je pleure toutes les larmes de mon corps en me disant que je ne pourrais plus jamais courir ou je fais tout pour pouvoir continuer. Comme je ne sais pas faire de choix, j’ai fait les 2. Je suis allée chez la kiné en pleurant et je l’écoute sans hésiter quand elle me dit de faire 2 fois par semaine ses exos que je déteste. J’ai détesté mon podologue quand il m’a fait comprendre que je ne pourrais pas courir comme ça jusqu’à la fin de ma vie mais je l’adore depuis que ces semelles me font courir sans douleur. Je suis allée chez la doc du sport, elle m’a dit d’aller nager 2 fois par semaine, je me suis dit qu’elle est complètement folle, je connais maintenant tous les maîtres-nageurs et je sais compter de 25 en 25 comme une pro. Enfin, tu vois je suis un peu passée par les mêmes étapes que dans un ultra finalement.

Et aujourd’hui, je crois les doigts et je touche du bois en l’écrivant, tout va bien, pas de douleurs en vue même si je sais qu’elles peuvent revenir de temps à autre.

Mais en vrai, tu sais de quoi j’avais peur ?
Je craignais d’avoir vécu une merveilleuse saison et de ne plus jamais pouvoir goûter à ça. Peur d’avoir tout gâcher, peur de ne pouvoir jamais démarrer une nouvelle saison, peur de ne pas être au départ des belles courses qui m’attendent en 2024. Et ce qui est assez dingue, c’est qu’aujourd’hui je sais que je vais pouvoir être aux départs de ses courses mais j’ai encore peur.

Je ne sais pas si c’est peur le mot juste mais je crois qu’il n’existe pas vraiment de mot pour définir ce que je ressens.
Je me suis adaptée mais est-ce que tout ce que j’ai changé dans mon entraînement va suffire, suffire pour pallier la douleur mais aussi suffire pour réussir ma saison, réussir comme je l’entends moi ?

Je me suis adaptée mais est-ce tous les changements effectués vont vraiment être bénéfique pour mes performances ?
Je me suis adaptée et je m’alignerai sur les lignes de départ mais est-ce qu’après une fin de saison un peu compliquée je ne mets pas la barre trop haute ? Est-ce que je n’en attends pas un peu trop de moi ?

Quand je me pose ces questions, j’ai peur.
Puis je me dis, mais tu es ridicule, ce n’est que du sport, un loisir, un plaisir. Ici se trouve la limite. La limite entre la performance et le plaisir. Je refuse absolument que la course devienne une corvée, une obligation que je m’impose pour performer et ne pas décevoir. Dans ces moments-là, je me rappelle les raisons pour lesquelles je cours, mes débuts en trail, mes premières courses et mon sourire sur les sentiers. La discipline et la rigueur c’est beau, l’exigence ça permet d’avancer mais parfois ça te pousse un peu loin dans tes retranchements. Tu l’as compris, je suis assez douée pour me mettre la pression toute seule comme une grande.
Alors, en 2024, j’ai de belles courses de prévues mais je me fixe quelques objectifs (au-delà d’arrêter l’alcool jusqu’à la CCC, ce qui est à vrai dire un plus gros objectif que la CCC en elle- même) :
– être fière de moi quel que soit le résultat d’une course car j’aurai donné le meilleur de moi dans tous les cas.
– aller sur les lignes de départ en sachant de quoi je suis capable mais en gardant toujours en tête que je ne suis pas maître de tout et que terminer est déjà beau.
– me soucier de moi et uniquement de mes sensations.
– me rappeler pourquoi je cours.

En gros, je veux te dire ici qu’en fait une guerrière ça peut craquer de temps en temps. Mais quand tu craques, souviens toi d’où tu viens et n’oublie pas où tu veux aller ! J’ai envie de te dire « Aie confiance en toi ! » mais tous ceux qui me connaissent vraiment bien savent que je suis très mal placé pour le dire où alors je peux y ajouter « Fais ce que je dis mais ne fais pas ce que je fais ».

Je n’ai pas écrit grand-chose, en tout cas moins que les dernières fois mais ce sont les quelques pensées qui me traversent l’esprit ces derniers jours, juste avant de prendre le départ de la première course de la saison. Et cette fois-ci, je laisse plus de places à d’autres nanas qui ont- elles aussi beaucoup à nous dire alors direction le coup de cœur.


Coupe de cœur n°5
Donner la vie avec passion

La grossesse et le sport sont des sujets qui me touchent particulièrement. Je ne suis pourtant ni mère ni enceinte. Mais, il arrive de temps en temps qu’on me demande comment je ferai le jour où j’aurai envie d’un enfant. Généralement, je réponds que je n’y pense pas pour le moment, que je verrais si un jour la question se pose ou alors je réponds tout simplement : « Bien si je le décide alors j’aurai un enfant ! » et à ça on me répond : « Alors tu feras quoi du trail ? ». D’abord je me dis « ils ont raison, c’est mort jamais de la vie j’arrête le sport pour un môme » puis je me dis que je suis une personne immonde puis finalement je pense que si je le veux, je serai forcément bien moins égoïste et alors prête à m’adapter et faire des sacrifices. Mais, à aucun moment je n’imagine un jour arrêter le sport pour cette raison. Quand j’ose parler de ça à mon entourage, j’entends dans une grande majorité des cas : ce n’est pas possible, tu serais inconsciente, tu es complétement folle. J’espère grâce à ces quelques lignes pouvoir rassurer, réconforter et informer quelques personnes.

Anne-Lise Rousset, Manon Genet, Bénédicte Perron, Floriane Hot, et j’en passe, ont des points communs. Elles sont athlètes et maman ou future maman. Mais surtout, elles ont pratiqué ou pratique le sport durant leur grossesse.
Alors, je ne vais pas retracer l’histoire de ces athlètes que tu pourras trouver très facilement par toi-même. Je préfère ici, relayer les témoignages de femmes sportives de mon entourage qui ont vécu ou vivent une grossesse.

Anne, Elodie, Fanny et Delphine ont répondu à mes quelques questions. Je les remercie d’ailleurs d’accepter de se livrer et d’avoir pris le temps de le faire. Des questions simples que je me pose quand je pense au fait qu’un jour j’aurai peut-être envie d’être mère sans sacrifier totalement ma passion.

Toutes les quatre pratiquent le sport durant des heures et des heures par semaine, des sports variés (natation, trail, vélo de route, VTT, randonnée, ski etc.) et ont toutes un métier à côté de cette pratique.
Anne, Elodie et Fanny ont un peu de recul sur leur grossesse quant à Delphine, elle, est actuellement enceinte.

Il faut aussi savoir que ces femmes ont vécu des grossesses à des « époques » différentes.

– Avant d’être enceinte, quand le projet d’avoir un bébé s’est construit as-tu pensé au sport ? Est-ce qu’un moment tu as pu voir ta passion comme un frein à ce projet ?

Anne : Non pas du tout, j’ai toujours été passionnée de sport mais jamais cela n’a été un frein ou un sujet de discussion quant au fait d’avoir un enfant.
J’ai bien pris le temps de choisir une poussette avec laquelle je pourrais facilement aller courir et un porte bébé pour aller marcher !

Elodie : Avant mes 30 ans, l’envie d’avoir un enfant ne m’avait pas effleuré l’esprit. Ma principale préoccupation était d’allier la course à pied à mon planning d’infirmière. Et effectivement, une fois qu’est apparue cette idée de construire une famille j’ai plusieurs fois

douté… Je n’avais pas « peur » de ne plus courir comme avant je n’avais JUSTE pas envie d’arrêter de courir !!!

Fanny : Non pas vraiment. Forcément dans l’entourage on côtoie des femmes sportives enceintes. Donc inconsciemment on se dit que le quotidien sportif ne va pas forcément être impacté les premiers mois. Personnellement j’avais déjà fait beaucoup sur le plan sportif. Avoir un enfant était un projet important et la suite logique de ma vie de femme. Je n’avais aucun mal à mettre ma passion en second plan, car je savais que j’allais pouvoir à nouveau combiner les deux le moment venu.

Delphine : Oui clairement car le sport fait pleinement partie de ma vie, c’est une de mes plus grandes sources de plaisir. J’ai des échos tellement divers de femmes sportives comme moi et certaines n’ont pas pu courir de toute leur grossesse (chutes de tension, grossesse à risque obligeant l’alitement…) alors j’espérais de tout cœur pouvoir continuer à faire du sport.

Alors non, pas un frein mais il fallait bien déterminer malgré tout un beau dernier objectif (maratrail des passerelles de Monteynard en Juillet 2023 pour ma part) et mettre en pause les « grosses » performances au cas où je tombais enceinte rapidement… et je suis vite tombée enceinte ! J’ai de la chance car j’ai pu faire un dernier trail en septembre en me disant que ce serait le dernier vu le manque d’énergie incroyable. Sans être un frein, le projet de grossesse nécessite juste d’adapter ses prochains objectifs (au cas où). Je pense que c’est plus compliqué quand tu peines à tomber enceinte parce que le projet devient obsédant et il est difficile de te projeter dans le temps, de définir des objectifs… et on avance beaucoup mieux avec des objectifs distincts (je trouve).

– Vers quel professionnel t’es-tu tourné pour aborder le sujet ? Comment a-t-il réagi ? Y a-t-il eu des suivis plus particuliers lié à ta pratique sportive ?

Anne : Mon gynécologue m’a toujours dit que je pouvais tout faire (j’ai skié au premier trimestre, randonné, fait du vélo, de la natation, du renfo etc…) et que si je devais faire une fausse couche c’est que c’était naturel et spontané car « l’œuf » n’était pas viable. 0 pression.

Elodie : J’ai rencontré des difficultés à tomber enceinte. Je savais déjà avant même d’essayer que le chemin serait long jusqu’au « sommet ». J’ai d’abord été suivi au CMCO (Centre Medico Chirurgical Obstétrical), là-bas on a rapidement estimé que ma pratique sportive était l’un des obstacles à ma fertilité. Heureusement j’ai trouvé une gynécologue privée spécialisée dans l’infertilité et celle-ci a su me comprendre et adapter sa prise en charge en fonction de mes soucis physiques, moraux et besoins sportifs. Il ne faut pas hésiter à consulter différents professionnels et trouver celui qui humainement nous convienne.

Fanny : Je n’ai pas vu de professionnel spécifique mis à part le gynéco. J’étais déjà au clair que j’allais lever le pied, et lui m’a encouragée à continuer une pratique sportive seine, sans excès.

Delphine : Je me suis tournée vers une sage-femme sans hésitation. J’ai la chance d’avoir fait une formation avec La Clinique du Coureur (en tant que kiné) qui parle grossesse et course à pied donc je savais que je pouvais continuer à courir et on te dit que tu peux continuer, qu’il faut par contre écouter tes sensations. Parfois ça peut être un peu flou comme notion, mais il faut se faire confiance. Elle a très bien réagi en me disant de simplement écouter les signaux que m’envoient mon corps et de diminuer les intensités (de toute façon, vu le manque d’énergie dans l’effort par rapport à d’habitude, tu n’as pas trop le choix). Ma médecin et ma sage- femme insistaient à juste titre, sur le fait que ça n’était pas une maladie et qu’à ce titre, les habitudes devaient restées les mêmes, simplement, avec toujours un peu moins d’intensité dans l’effort.

– Je suppose que ta pratique sportive a changé, alors quels ont été les changements dans la pratique? En fonction du temps et de l’évolution de la grossesse ?

Anne : Vraiment au feeling, sans me poser de question. Je n’avais pas de pratique compétitive à l’époque, donc je faisais comme j’avais envie. Pas mal de natation en fait, et beaucoup de repos aussi, car quand tu es PE (professeur des écoles) avec un double niveau et enceinte… les journées sont longues.

Elodie : A 1 mois de grossesse j’ai failli perdre mon bébé. Du coup, mes projets d’entraînements de course à pied sont tombés à l’eau plus vite que prévu ! J’ai eu très peur et cela fut un électrochoc ! J’ai dû arrêter de courir et de travailler. Après quelques semaines de stabilisations, j’ai pu reprendre de la marche rapide, randonnée, vélo d’appartement, natation… je me suis fixée progressivement de nouveaux objectifs : 10000 pas par jour, 5x2km de natation par semaine etc.

Fanny : Forcément cela a changé. Moins d’entraînements et surtout moins spécifiques, puisque les objectifs n’étaient plus les mêmes. Ici c’était de maintenir une forme physique et un bien être de pouvoir se dépenser. En fonction de l’évolution de la grossesse j’ai adapté les activités. Parfois beaucoup de fatigue se faisait ressentir, donc j’adaptais la fréquence des activités. Et plus la grossesse avançait, moins je courais, mais plus je faisais du vélo (route ou VTT à la sensation et à l’envie).

Delphine : Je me répète mais à part l’intensité de mes efforts que j’ai dû revoir à la baisse, j’ai continué les mêmes sports mais sans contact et sans compétition. Un peu moins de course à pied qu’en temps normal, toujours autant de vélo (mais plus d’appartement pour éviter les chutes bêtes), de la natation et du renfo adapté (j’évite le renfo ventral bien qu’en yoga je m’autorise encore à me mettre sur le ventre).

Dans le cas de la course à pied, parfois ça me tire davantage au niveau du bas ventre et ça pousse sur le périnée donc il m’arrive de marcher ou d’alterner marche et course.
Mon sport était quasi journalier avant la grossesse et c’est toujours le cas aujourd’hui à près de 6mois et 1/2 de grossesse. Mais je fais de moins en moins de fractionné en course et de moins grosses distances pour épargner mon périnée (sur lequel je suis concentrée +++ quand je cours).

– D’après toi, qu’est-ce que le sport t’a apporté durant ta grossesse ?

Anne : Le sport t’apporte les mêmes bienfaits que quand tu n’es pas enceinte, détente physique et mentale, bonne fatigue, meilleur sommeil et peut être que le fait de nager te fait te sentir dans ton élément (baleine).
Ça permet de rester en forme aussi, de limiter la perte de masse musculaire et le gain de masse graisseuse !

Et aussi de préparer à l’accouchement pour être en forme après aussi, car ça c’est un sacré marathon !

Elodie : Avant, pendant, après la grossesse le sport est mon échappatoire, mon antidépresseur. Enceinte, j’ai apprécié me sentir toujours « accompagnée », en rando, dans l’eau… Je me sentais connectée davantage à mon bébé. Le sport m’a permis de ne pas prendre beaucoup de poids, de prendre soins de mon corps (et de ma tête) et de bouger chaque jour avec des objectifs accessibles, même parfois ambitieux !

Fanny : Le sport m’a apporté ce sentiment de continuité dans l’activité, de ne pas devoir « stopper » une passion, un besoin, pour un projet d’avoir un enfant. Car les deux, sans contre- indication médicale, peuvent très bien se combiner, et justement, apportent une stabilité à tout niveau (psychologique, au niveau du corps).

Delphine : Il m’apporte tellement de bien-être et d’endorphines !! J’ai parfois l’impression d’être sous cortisone tellement je me sens en forme ! Et à l’inverse, les jours sans sport, je suis toute amorphe, toute fatiguée et molle du genou… Les étirements et le yoga aussi sont hyper salvateurs ! J’arrive encore à faire sauter des blocages au niveau du dos, c’est un régal ! Quand je n’arriverai plus à le faire moi-même, j’irai chez l’ostéo, mais en attendant c’est parfait.

Et il ne faut pas négliger aussi l’aspect social : entourée des personnes avec qui j’aime pratiquer (la course essentiellement) je vis encore mieux cette grossesse et je ne me sens pas exclue, j’adapte juste mes séances auprès d’eux.

– Comment ton entourage, les personnes que tu as croisées ou avec qui tu as échangé ont réagi lorsque tu leur évoqué la pratique sportive pendant ta grossesse ?

Anne : Ah bah comme d’habitude, tu as ceux qui disent que c’est dangereux, que tu risques la fausse couche et ceux qui gentiment ferment leur bouche.
Mais comme je te le disais déjà, il n’y avait pas de partage de vie à l’époque, on vivait plus discrètement donc on n’était pas vraiment au courant de ce que faisaient les autres ou pas !

Elodie : J’ai ressenti beaucoup de bienveillance et d’admiration.
Par contre on m’a souvent rabâché de me reposer, de dormir, de me poser… je pense que le plus important est de se sentir bien, en accord avec ses propres besoins (tout en restant prudente pour son bébé). Je pense que le corps est bien fait et qu’il y’a (dans la plupart des cas) des signaux d’alerte qui nous font dire si ce que l’on fait est bien ou mal. Il faut s’écouter…

Fanny : Les femmes qui étaient de base très sportive et qui ont été enceintes n’avaient aucun mal à comprendre. Certaines pouvaient être dans l’excès et avaient du mal à se détacher, d’autres le faisaient au feeling et se posaient moins de question. J’étais plutôt dans cet esprit- là. Les personnes plus âgées de mon entourage, d’une autre génération, avaient plus de mal à comprendre ce besoin de continuer une activité, même réduite. Surtout par crainte qu’il arrive quelque chose…

Delphine : « Tu cours encore à 6 mois de grossesse ? » « Attention quand même, tu vas accoucher trop tôt avec ces conneries ! » « Vous êtes 2 maintenant, fais attention quand même ! » Et j’entends la grand-mère de Charly (mon conjoint) qui me dis depuis le début de la grossesse « bon j’espère qu’elle ne court plus de 10km hein »… Tout le monde est plutôt inquiet autour de la question et les idées reçues sont énormes.

– Quels conseils aurais-tu envie de donner à une future maman sportive ?

Anne : Profite !
Ça passe tellement et trop vite (quand on a la chance que tout aille bien).
Fais du sport, si tu peux bien sûr, c’est mieux ! Comme toujours d’ailleurs, même si tu n’es pas enceinte. Et si tu en as envie mais surtout prends soin de toi et profite, c’est magique !

Elodie : Il faut accepter que la vie (de sportive) ne sera plus la même, mais que le sport peut y avoir sa place quotidiennement (ou presque) ! A chaque période de la vie, ses objectifs, ses performances…
Porter et donner la vie c’est la plus belle des compétitions ! Il faut croire en soi, en ses ressentis. Et honnêtement la reprise est un pur bonheur, je me suis régalée !! Faites-vous bien entourés de professionnels sensibilisés (ex: une kinésithérapeute spécialisée pour la rééducation du périnée), informez-vous (la clinique du coureur programme spécifique à la reprise de la course post accouchement) et inspirez-vous des plus grandes… Anne Lise Roussel, Clarisse Agbegnenou…

Fanny : De s’écouter, de ne pas se focaliser sur l’activité sportive, il y a un temps pour tout. La grossesse n’est pas vécue par toutes les femmes de la même façon. Mais des enfants on n’en a pas 10 (enfin si ça arrive aha). On peut très bien faire une pause durant quelques mois et profiter de cette nouvelle aventure, pour reprendre plus sereinement par la suite, en combinant vie de maman, vie professionnelle, vie sportive.

Delphine : De ne pas changer trop brutalement ses habitudes sportives. L’arrêt brutal de sport comme une intensification trop rapide sont source de blessures et de danger (c’est la kiné qui parle). Mais si tu t’écoutes un minimum, tu sens que parfois il ne faut pas forcer mais qu’à d’autres moments (le matin à jeun par excellence pour moi) tu peux aisément faire du sport comme tu l’entends. Et surtout, le sport est une source incroyable d’énergie, accessible, gratuite qu’on a tout intérêt à saisir.

Plus on bouge, moins on développe de pathologies en tout genre (jambes lourdes, blocages…) et c’est tout à fait valable dans une grossesse classique (forcément différent quand on ne nous laisse pas le choix d’être alitée pour une raison particulière…).
Je dirais aussi de ne pas négliger ni oublier de pratiquer des étirements/assouplissements régulièrement et du renfo du transverse et du périnée, c’est aussi ça qui aidera les femmes à pratiquer leur sport le plus longtemps possible durant leur grossesse.

Attention par contre à ne pas tirer trop fort lors des étirements et ne pas négliger la détente de tous nos tissus provoqués par la relaxine (d’où la faiblesse de notre plancher pelvien…).

Elles ont sublimement bien répondu à mes questions et j’espère que vous avez pu avoir des réponses, vous reconnaître et apprendre des choses dans cela. Pour ma part, comme le sujet m’intéresse, je peux te conseille d’autres petites choses :

Va faire quelques recherches, écouter, lire ce que Marion Delespierre raconte à ce sujet. Tout comme tu peux trouver des informations auprès de Blandine Lhirondel

Le podcast « L’appel de la mère » de Course Épique avec Laure Desmurs.


Article / Tif Prinz
Avec la participation de Elodie Gérard, Fanny Amman, Anne Bernhardt et Delphine Dassy

 

Et si tu es prête inscris toi sur le prochain raid féminin en duo pour vivre une aventure juste WooA : Raid multisport des châteaux en duo du 18 au 20 mai 2024

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Inscriptions
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Film Raid des châteaux