💚 // CHRONIQUE 2 ET COUP DE CŒUR D’UNE TRAILEUSE PASSIONNÉE🏃‍♀️🏃‍♀️

Chronique n°2
Des hauts, des bas : entre rire et larmes, peine, joie, tristesse, nostalgie, colère, rage, haine, mépris, doutes, émerveillement, surprise…
Et la liste est encore longue. Des sentiments, des émotions, des ressentis et des sensations c’est aussi ça que je vis grâce à ma passion.
J’ai du positif et du négatif  mais je peux te proposer une fin heureuse.
Alors, ce qu’on va faire c’est que je vais commencer par le positif, t’amener dans les moments plus difficiles pour te remonter le moral avec un happy end. En fait, faut que je t’avoue que c’est comme ça que j’ai envie de l’écrire parce que c’est assez représentatif. Tu l’avais compris, le positif ce sont les hauts et le négatif, les bas. Les hauts et les bas ça me connait un peu : les profils de courses, les sommets à grimper à partir du bas des vallées, les séances de côtes, les descentes qui t’explosent les quadris. Mais c’est aussi ma vie de tous les jours (je prendrai peut-être le temps ou pas de te l’expliquer dans un prochain écrit) et la réalité de ce que je traverse pendant que je cours.

1) Les hauts
Souvent, après une course, on me demande comment je fais : pour courir avec ce grand sourire, pour avoir l’air aussi sereine, heureuse et positive.
J’ai une explication assez simple et rationnelle, un truc de scientifique :
la pratique d’une activité sportive entraine la production d’endorphine. L’endorphine, c’est ce qu’on appelle communément l’hormone du bonheur. Scientifiquement parlant ce n’est pas tout à fait ça mais je te laisse faire des recherches si ça t’intéresse.
La production d’endorphine pourrait donc expliquer mon état de bonheur et de bien-être pendant les courses. Pourtant, moi je te le dis que je n’ai pas le même état de bonheur pendant mes séances de renforcement.
Je t’assure que ce n’est pas l’explication que je donne quand on me pose ce genre de questions. Je souris parce que je suis heureuse oui. Et dans ces moments-là je suis heureuse pour mille et une raisons.
Il y a des raisons sur lesquels je ne sais pas poser de mots, des raisons certainement inexplicables, peut-être trop personnelles ou peut-être pas encore assez clairs pour que je puisse les exprimer. Mais je ne vais pas te laisser sur ta faim et te raconter quelques petits trucs tout de même. D’abord, toutes ses courses en montagne accompagnées de soleil, de paysages à en couper le souffle, de sentiers remplis de cailloux (que tu insultes de tous les noms au bout de kilomètres, je parle bien de ceux-là), de forêts enchantées, avoue que ça peut que rendre heureux. En tout cas, ça s’apparente pour moi au paradis sur terre et c’est l’endroit, peu importe qu’il s’agisse des Alpes ou des Vosges (oui, je vais devoir m’aventurer dans d’autres massifs tu as raison), où je me sens chez moi.
Aussi, courir ça me permet de me sentir libre. Pourquoi ? Je n’en sais trop rien, surement parce que j’avance sans réfléchir avec beaucoup de légèreté dans un monde qui n’appartient qu’à moi. Un monde où il n’y a qu’à se demander où poser son pied à la prochaine foulée, ce que
l’on va bien pouvoir manger au prochain ravitaillement, si l’on a plutôt envie de sa gaufre au chocolat ou sa barre macchiato (j’ai une amie qui me répondrai sans hésiter de manger la barre macchiato).
Puis très sincèrement, sur une course qui dure des heures et des heures, si je ne faisais que tirer la gueule, avoir des pensées négatives quel intérêt ça pourrait bien avoir. Qu’est-ce que j’en tirerai dans mon quotidien ? J’ai décidé, depuis un petit moment maintenant, d’avoir pour philosophie « le smile c’est la life », avoir le sourire aux lèvres même s’il ne s’agit que d’une image extérieur me permet au fond de moi d’apporter des bonnes vibes. Me forcer à sourire m’apporte de la chaleur, du réconfort. Oui, parfois je m’y oblige en essayant de me répéter que le positif attire le positif.
Sinon, parcourir les sentiers en compétition ou non me défoule et me soulage du poids que je porte au quotidien sur mes épaules, mon cœur, dans ma tête (et un peu sur mon corps aussi faut pas se cacher qu’il faut parfois éliminer la fondue, les cookies et les chocolats) plutôt que de crier, de pleurer je vais courir, après tout va mieux et je souris. J’ai encore une raison sérieuse. Je ne pense pas que je paraisse sereine, je ne suis jamais
vraiment sereine sur une course, mais mon sourire est aussi dû en partie, à ma satisfaction. Je suis satisfaite de courir. En fait, non enfin si, mais je veux encore rajouter une chose : je suis reconnaissante.
La reconnaissance, c’est exactement ça, c’est le mot juste. Aujourd’hui, je me dois d’être heureuse, de sourire. Je crois surtout que je le dois au trail, à la montagne. Ça fait quelques années maintenant que je  cours, la course à pied et le trail en particulier m’a beaucoup appris. Cette passion et tout ce qu’elle m’a permis de vivre m’a fait grandir, évoluer, avancer, comprendre, changer et tout ce genre de trucs-là qui seraient trop long à expliquer maintenant. Bref, ça m’a apporté tant de choses dans la vie de tous les jours, que maintenant quand je foule les sentiers, je dois à la montagne et à ce sport une  reconnaissance éternelle.
Elle passe, d’après moi, à travers cette bonne humeur, ce sourire et mon bonheur.
Il faut quand même que je te confie deux petites raisons du smile dans tous les cas sur 5 ou 110 kilomètres. Ne le dis à personne mais la musique et le coca-cola sont ma raison de vivre en trail. Sur chacune de mes courses, mes sorties longues, j’ai toujours la même playlist dans
les oreilles. Une playlist qui tient 13h pour sûr ! Chaque morceau a une signification. Il me rappelle soit une personne, celle qui m’a donné le titre en général, soit un moment ou encore un endroit. Tu te doutes bien que ce ne sont que des personnes, des moments et des endroits que j’aime ou que j’ai aimé. De la musique qui me fait sourire, parfois même rire. Des titres qui me donnent envie de danser, qui me font parfois penser qu’un ultra trail peut s’apparenter à une folle soirée un peu arrosée à clubber entre copains. Pour le coca, il faut savoir que dans
les moments les plus critiques d’une course c’est la chose qui m’a le plus sauvé et je ne te parle pas d’hypoglycémie là mais d’un coup de blues mental. Un coup de mou et il me suffit de penser que tous les 20 kilomètres je trouverai ma bouteille de coca-cola pour retrouver le sourire (désolée à tout mon crew qui pensait que c’était eux qui me donner envie d’avancer jusqu’au prochain point).

2) Les bas
Ok ok, ce n’est pas toujours rose, je mentirais si je te faisais croire ça. A vrai dire, c’est assez difficile pour moi d’écrire sur les coups durs car ce sont en général les premières choses que j’oublie une fois passée la ligne d’arrivée. Ça me parait logique parce que sinon je ne vois pas comment j’aurai envie de recommencer.
Il y a quand même quelques difficultés que je peux te raconter. D’abord, sache que l’on ne peut pas être toujours satisfait et encore moins lorsqu’on s’entraine dur pour un objectif, un rêve, l’accomplissement que l’on attend. Lorsque j’ai préparé l’Ultra Trail des Païens  (UTDP), je courais beaucoup, c’était à vrai dire la priorité dans ma vie, et j’ai été déçue des centaines de fois. Tu me diras que c’est un peu ridicule d’être déçue de son allure sur une séance de côte alors que quelques années auparavant tu pensais être incapable de courir 5 kilomètres.
Oui, au fond, ce n’est que du sport, ça ne doit t’apporter que du plaisir. Moi, je te le dis, non.
Non, en fait tu as le droit d’être déçue. Et ça m’est bien égal que toi, quand je te dis ça, tu te dis que certains ont des problèmes plus graves et que ce n’est que ma passion, pas  mon métier, que je dois arrêter d’en faire un drame de cette allure pourrie sur ma séance de côte. Je te le dis, quand tu fais des sacrifices, des compromis, que tu fais passer la course avant le reste et bien si ça peut te paraître être la fin du monde et tu as le droit de t’en vouloir, d’être déçue et en colère. Voilà, ça c’est difficile mais sache juste que ce moment dur, tu  dois apprendre à en faire une force la fois d’après. Puis, il y a aussi tous ces  moments où j’ai culpabilisé de ne pas y être aller. Je n’y suis pas allé parce que je n’avais pas envie, parce que j’ai préféré aller boire un café avec une copine, parce que j’avais besoin de souffler, parce que je ne m’en sentais pas capable mais aussi quelquefois parce que je craignais d’échouer. Ah, il y a aussi cette culpabilité à chaque écart, le soir où j’ai mangé trop de chocolats, celui où j’ai bu deux bières au lieu d’une, la semaine où au lieu de manger des légumes tous les jours j’ai mangé trop de pâtes. Bien sûr, bien sûr, je suis complètement folle de culpabiliser pour ça quand je sais que je cours 100 kilomètres par semaine. Mais finalement, ce qui me fait le plus souffrir dans tout ça, c’est que je m’en veux, je me fais du mal et je déteste mon corps, voilà à quoi ça abouti. Mentalement, je me dis que
j’ai tout foutu en l’air, que je suis faible et qu’en plus à cause de ça je n’arriverai à rien. Alors, je me déteste, je déteste mon corps. En fait, quand je me rends compte que j’en  arrive là, je suis encore plus mal parce que je me dis que je déteste un corps qui me permet de faire des choses  extraordinaires. Bon, tu l’auras compris, ce n’est pas toujours simple dans ma tête et ça me parait compliqué de te l’expliquer mais au moins tu vois qu’il existe bien des passages difficiles.
Je te l’ai dit, la plupart du temps quand je passe une ligne d’arrivée, j’oublie totalement les moments négatifs que j’ai dû affronter que ce soit  physiquement, sur le parcours ou mentalement. Par exemple, sur l’UTDP, je pense bien que tout n’a pas été toujours merveilleux et je le sais car je le dis dans certaines vidéos mais je n’ai aucun souvenir d’avoir
mal vécu un moment, d’avoir été au bout de ma vie, d’avoir été déprimé etc. Pourtant, il y a
cette course, cette fois-là où j’ai eu l’impression que je n’arriverai jamais à terminer, où j’ai eu la sensation d’un échec total, d’un mal être  permanent. C’était au Munster Trail 2022, 42km d’enfer et je vous assure que le classement n’a rien à voir là-dedans car je n’étais pas trop mal placée. Déjà, ça commence par de la pluie à ne plus voir devant soi, le genre de journées où il n’y a jamais de jour, assez déprimant de base. Dès le départ, ça m’a gonflé, avec la veste de pluie je crève de chaud, je l’enlève et je n’arrive pas le mettre dans mon sac (merci le gentil monsieur qui m’a aidé après avoir très certainement vu mon grand agacement), sans la veste de pluie je crève de froid, j’enlève mon tour de coup en même temps je me bats avec ma casquette (non il n’y avait pas de soleil mais beaucoup trop de pluie), j’avais compris que rien n’ira comme je veux. Je t’avoue que je suis plutôt du genre à vouloir que tout fonctionne comme je veux et pas  autrement, je te laisse imaginer mon énervement. Alors quand, en plus on me dit « allez t’es à 2 minutes du podium », c’était la phrase de trop et là surgit une Tif que tu ne veux jamais connaître. Oui, excuse-moi je ne suis pas parfaite. D’ailleurs  merci à toutes les personnes qui se sont fait hurler dessus parce qu’il manque une compote, insulter parce qu’ils me disent que je cours bien et qui m’excusent après chaque course et se retrouvent au bord des chemins pour moi la fois d’après. Arrête de faire genre, je sais que tu peux être pareil (enfin j’espère ne pas être seule), c’est juste que certains arrivent à la garder dans leur tête là où j’ai besoin de l’extérioriser. Bon, mon caractère pourri n’est pas le sujet. Et comme rien ne se passait comme prévu, comme j’étais extrêmement de mauvaise humeur, je me suis
demandé ce que je faisais là sur les sentiers en train de me battre contre moi-même pour arriver au bout de ces 42km. D’abord je me suis dit de penser à tous les moments de bonheur sur les sentiers mais ce sont tous les autres qui me sont venus à l’esprit. Ceux où justement, j’ai pleuré en rentrant, qui m’ont déprimé pendant des jours car j’ai été déçu.
Avant, je t’ai dit de te servir de ça pour en faire une force, c’est vrai ça m’a donné la rage mais elle s’est plutôt retournée contre moi. J’étais en colère de pas avoir réussi, de ne pas réussir comme je veux, autrement dit en colère de ne pas passer un bon moment, de ne pas être heureuse d’être là.
Je suis allée jusqu’à l’arrivée en me répétant dans ma tête que je suis très nulle, que je déteste ce que je fais et que je suis vraiment incapable de rien. En arrivant, j’ai dit : plus jamais, plus jamais je ne ferai cette course c’était la plus horrible de ma vie. Cette année, j’y suis retournée, j’ai choisi le format 62km, j’avais une revanche à prendre, ça été un moment extraordinaire et j’y ai vécu l’inverse de l’an passé. Pardon, en fait je suis obligée de trouver du positif dans mes expériences négatives. Mais, on a qu’à se dire que ça fait une belle transition vers la dernière partie.


3) Les larmes
Mon grand sourire, ma marque de fabrique comme certains le disent. Ceux qui me connaissent vraiment savent  que ma marque de fabrique c’est aussi et peut-être même avant le sourire, les larmes.
Je dois te le dire, je pleure et je pleure beaucoup. Alors, non je ne pleure pas toujours de tristesse, de rage, de désespoir, de déception ou de colère. Mais oui, il peut m’arriver de pleurer après un entrainement pour toutes les raisons que je t’ai expliqué avant. Je pleure aussi parfois parce que je doute, je  doute de moi, je pense que je n’y arriverai jamais. Parce que, je l’ai toujours fait pour tout. Un copain m’a dit, en fait toi tu étais celle qui pleurait parce qu’elle n’avait pas réussi l’interro mais qui avait un  20/20 avec le point bonus pour l’éval d’après… c’est un peu ça en effet. C’est vrai, je peux pleurer pour toutes ces raisons négatives : peur, doutes, haine, déception etc. Et c’est même ok de te dire que je peux pleurer la veille d’une course, de peur de prendre le départ, de stresse de ne pas être capable, de la pression que je me mets seule sur les épaules.
Mes larmes sont tellement mais tellement plus que juste ces sentiments négatifs.
Parce que je pleure énormément mais je pleure aussi un peu n’importe quand. Je vais te raconter quelques moments où ça m’est arrivée.
J’ai pleuré, à la fin de mon  premier 50km, c’était une sortie off avec des copains. Je suis entrée dans la voiture, je ne peux même pas dire que j’ai pleuré, j’ai chialé en fait. Il faut dire, quand même, que j’avais mal partout et que j’étais épuisée parce que ce truc ça nous avait pris 11h dans
60 centimètres de neige. À vrai dire, je ne comprenais pas trop pourquoi je pleurais mais je pense que c’était parce que je me suis rendu compte de ce que j’avais réalisé, du parcours que j’avais fait depuis mes premiers 500 mètres de la mort à ces 50 kilomètres.
J’ai pleuré à mon dernier entrainement avant la Saintélyon. Cette course, celle que je pensais ne jamais pouvoir toucher du bout des doigts, la belle, la mythique, la course que je rêvais de faire. Les larmes ont coulé parce que j’ai fait défiler ma prépa dans ma tête. Les heures  d’entrainement, la motivation quel que soit l’heure, la météo, de nuit comme de jour et la plupart du temps seule.
Je remerciais mon corps, ma tête et mon cœur de m’emmener, me permettre de  m’envoler vers l’un de mes rêves. Je m’imaginais passer cette arche d’arrivée dans le célèbre Hall Tony Garnier.
J’ai pleuré parce que j’étais heureuse de ce que j’avais fait pour arriver au départ de cette course et dis-toi juste que ces larmes m’ont servi à avancer dans les derniers kilomètres et ont bien sûr coulé de la même façon au moment de passer l’arche. J’ai pleuré, et je t’assure que c’étaient des énormes larmes de crocodiles, quand j’ai réalisé, en regardant des milliards de fois les vidéos, ma victoire sur l’UTDP. Là, vraiment je peux te dire que j’ai pleuré parce que j’étais fière, parce que j’ai vu la fierté dans les yeux de mes proches et parce que c’était la plus belle arrivée que je n’ai jamais vécue. Je n’ai quasiment versé aucune larme à mon arrivée,  sûrement parce qu’après cet effort je ne réalisais pas vraiment ce qui m’étais arrivée et ce qui se passait. Mais, c’est  juste dingue, dingue de vivre ça, ces émotions de malade, elles sont indescriptibles, désolée je ne trouverai jamais les mots
pour ça, je peux juste te dire que c’est un peu comme un rêve éveillé. Secrètement, parfois le soir dans mon lit, je m’imaginais gagner cette course et je l’ai gagnée, c’est exactement ce que j’ai pensé en passant la ligne d’arrivée. Mais bref, on ne parle pas de cette course folle maintenant. Donc voilà, j’ai versé d’énormes larmes en comprenant ce que j’avais fait et je crois que le plus beau moment et le plus de larmes qui ont coulé c’est quand j’ai compris (j’ai encore dû mal aujourd’hui) que cette victoire je me la dois d’abord à moi-même et à moi seul (il m’a fallu un peu d’aide pour le comprendre). Tu l’as compris, ces larmes ne représentent rien de malheureux, de triste ou de négatif mais elles traduisent juste la beauté et le moment inexplicable que j’ai vécu.
Je pleure et je pleurerai toujours à la lecture des messages que je peux recevoir avant une course. Tu as raison ça c’est juste parce que je suis super émotive et sensible. Mais les messages de certaines personnes, celles qui comptent énormément et qui me font avancer (plus que la musique et le coca-cola j’avoue) par leur présence, souvent juste mentale, me font pleurer. Je crois que ça me fait pleurer parce que peut-être je me sens chanceuse, chanceuse d’avoir des personnes comme elles qui croient en moi et sont présentes pour me rappeler que je dois croire en moi.
Des larmes pleines d’émotions, des larmes de reconnaissance.
J’ai et j’aurai toujours les larmes aux yeux dans un sas de départ, simplement parce que je sais à ce moment que je vais vivre une expérience exceptionnelle, des moments uniques, des émotions fortes et parce qu’entre nous avec leur musique ils cherchent à ce qu’on chiale aussi.
Je pleure et je pleurerai toujours à chacune de mes arrivées, en tout cas c’est ce que je me souhaite car ça voudra dire que j’ai à chaque fois vécu quelque chose de fort, que je reste passionnée et amoureuse de toutes ses sensations que je ne retrouve nulle part ailleurs que dans ce sport et les montagnes.
Il y a deux autres moments où je pleure, quand je retrouve les montagnes et celui où je les quitte. Et allez, je t’avoue qu’en me rappelant tous ces souvenirs et en écrivant ces lignes quelques
gouttes salées ont coulé sur mes joues.
Voilà, j’ai tenté de t’expliquer les montagnes russes que je vis dans ma tête et dans mon cœur.

Coup de cœur n°2
Tout schuss
Aujourd’hui je te parle ski et pour être honnête je n’y connais pas grand-chose, on peut donc parler d’une belle découverte.
Comme c’est l’hiver, je me suis dit que je pourrais mettre à l’honneur une athlète locale dans le sport d’hiver. J’ai effectué quelques recherches et je suis tombée sur ce petit flocon
pétillant, j’ai nommé Léonie Perry.
Léonie Perry
Léonie est une skieuse de fond de 19 ans qui est originaire de la Bresse. Nous avons passé une bonne heure ensemble à échanger autour du ski, de la montagne et un peu du trail comme deux passionnées qui se rencontrent par hasard. Un chouette échange qui je l’espère mènera sur quelques cours de ski de fond et sorties trail dans les Vosges.
A Noël, j’ai reçu le livre « La vie courante » de François d’Haene, et là tu te dis que je débloque complet parce que je suis totalement hors-sujet, bien non…
Figure-toi qu’en commençant à le lire, j’ai pensé à ce que Léonie m’a raconté. Une enfance dans les montagnes, ok les Vosges
ce n’est pas la Savoie mais quand même. Léonie a grandi à la montagne dans une famille de sportif, avec des parents qui l’ont mis sur des skis dès son plus jeune âge. Quand je lui ai
demandé si c’était dur de skier, elle m’a répondu qu’elle avait skié avant de marcher. En
grandissant, elle a intégré le club d’athlé de la Bresse et elle s’en allait courir partout pour
passer des moments sympas entre copines. Oui, tu l’as compris, elle a eu une enfance dehors, au contact de la nature et de tous les sports que l’on peut croiser en montagne.
En grandissant, elle a eu quelques soucis de genou alors elle s’est davantage tournée vers le ski en laissant un peu la course à pied. Tant mieux pour moi (c’est une blague) !
A quoi ressemble la vie de Léonie aujourd’hui ?
Elle est étudiante comme toutes les personnes de son âge, enfin c’est ce qu’elle m’a dit. En fait, elle fait des études en STAPS à Grenoble en ayant des cours par correspondance et des horaires aménagées afin de pouvoir suivre son emploi du temps d’athlète de haut-niveau. Elle skie aujourd’hui au Comité des Vosges après avoir fait partie l’an dernier de l’équipe de France Junior qui n’existe plus faute de moyens.
Sa vie est rythmée par ses entrainements. Sur la saison estivale, elle pratique beaucoup de course à pied et de vélo de route tout en y intégrant des séances de renforcement. Petit à petit, le ski roues prend place. Puis sur la saison hivernale, en tout cas dès que la neige pointe
le bout de son nez, elle chausse les skis.
– Comment Léonie en est-elle arrivée au haut-niveau ?
Alors, comme je te l’ai raconté, elle passe son temps en montagne et skie depuis toujours ou presque. Mais elle me raconte qu’au départ, elle skie et intègre un club pour passer du bon temps entre copains. Elle commence les compétitions et là elle me dit qu’elle était très nulle. Laisse-moi rire, j’ai chaussé des skis deux fois dans ma vie et elle, elle me raconte qu’elle était nulle. Disons que son niveau de l’époque ne lui laissait pas penser qu’elle pouvait un jour en arriver là. Puis, les résultats s’améliorent petit à petit et elle prend goût à la performance et à ses résultats. Si tu me connais un peu, tu comprends qu’on a quelques points communs toutes les deux. Du coup, comme moi, elle te dira d’y croire, de bosser, de ne pas lâcher et de te donner les moyens pour réussir à aller là où tu veux.


– Qu’est-ce qu’apporte le ski à Léonie ?
Léonie aime le sport en général parce que ça permet de soigner son corps, d’en prendre soin.
Le sport lui permet aussi de garder le moral. Et le ski, plus particulièrement, elle en a besoin car elle ne se voit pas rester enfermer, elle a besoin de ce contact avec la nature. Puis forcément, les résultats ça donne toujours envie de  continuer et d’aller plus loin.
– Au fait Léonie, tu imagines quoi pour ton avenir ?
« Alors, je suis loin de pouvoir vivre du ski de fond. Les résultats peuvent devenir mauvais du jour au lendemain, ça me déprimerait un peu mais ce n’est pas une fin en soit, je fais des études pour prévenir ça aussi. Je redeviendrai une étudiante lambda, j’irai skier pour le plaisir et je reprendrai une vie normale. Mais, je ne pense pas souvent à ça et je me laisse vivre. »
– Et niveau palmarès ça donne quoi ?
Je t’avoue, elle m’a expliqué longtemps les différentes épreuves et à quoi ça pouvait
ressembler, je n’ai pas tout compris à part qu’elle elle n’aime pas les 100km qui dure 13h mais qu’elle est plutôt du style effort court et intense.
15ème au FOJE (Festival olympique de jeunesse) sur l’épreuve de KO sprint.
• 6ème en coupe d’Europe sur l’épreuve de KO sprint.
• 24ème au Championnat du Monde Junior.
1er en Coupe de France il y a quelques semaines.

– Le petit plus
Léonie et ses copains du Comité des Vosges ont créé une association « Association des Espoirs du ski de fond vosgien » pour mettre en place des petites actions afin de financer une partie de leur saison.
Un grand merci à Léonie de m’avoir accordé du temps et pour ce super moment passé à
papoter autour de nos passions.
Comme on est dans le ski et que j’ai parlé de cette petite découverte et rencontre à Hélène, je vous donne son petit coup de cœur ski à elle aussi : Delphine Wernert. Elle aussi skieuse de fond vosgienne.

Article / Tif Prinz

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Film Raid des châteaux par BlackBeam